Tête de vieillard CEZANNE Paul

MONUMENTS MEN – Epilogue

Tête de vieillard de Paul CEZANNE 

Tête de vieillard de PAul CEZANNE

Aujourd'hui à Paris, Musée d'Orsay

Il aurait été saisi pendant la guerre par le SS Hermann Brandel, chef de l'organisation nazie " Otto " ; enregistré au Central Collecting Point de Munich sous le n° 48808.Attribué au musée du Louvre par l'Office des Biens et Intérêts Privés en 1951 ; Jeu de Paume, 1952 ; Orsay, 1986.

 

Nature morte au faisan Henri MATISSE

Nature morte au faisan Claude MONNET

Aujourd'hui à Rouen, Musée des Beaux Arts

Peut-être acquis par l'organisation " Otto",, ou saisi en France pendant la guerre par le SS Hermann Brandel [ou Brandl], chef de l'organisation nazie " Otto " ; retrouvé en 1949, avec un lot de tableaux de même provenance, chez un particulier, Martin Reichenwallner, Kölblöd (Bavière) [3] ; enregistré au Central Collecting Point de Munich sous le n° 48809.Attribué au musée du Louvre par l'Office des Biens et Intérêts Privés en 1951 ; déposé à Rouen en 1954.

 

Dame et cavalier Hippolyte BELLANGE

Dame et cavalier Hippolyte BELLANGE

Aujourd'hui à Paris, Musée du Louvre

Volé par un soldat en 1940 lors de l'entrée des troupes allemandes à Besançon, ce tableau proviendrait de la maison d'un général français [1] ; enregistré au Central Collecting Point de Munich sous le n° 50094 ; restitué par la Treuhandverwaltung von Kulturgut de Munich.
Attribué au musée du Louvre par l'Office des Biens et Intérêts Privés en 1967.

 

Paysage méridional Henri MASTISSE

Paysage méridional Henri MASTISSE

Aujourd'hui à Paris, Centre Georges Pompidou

​Collection de Harry Fuld Jr1,celui-ci ayant réussi à émigrer, tous ses biens ont été confisqués par le Reich ; certains biens sont devenus " propriété " de Hans Wolfgang Lange et le tableau de Matisse apparaît sur une photo non datée d'une pièce de son appartement berlinois, Novembre 1943 : l'appartement berlinois de Lange est bombardé et celui-ci déplace ses biens ; un tableau intitulé " Landschaft mit Haus " von Henry (sic) Matisse est mentionné sur une liste de colisage de la maison Knauer d'objets destinés à Lange ; ce dernier confie quelques œuvres à son ami l'officier SS Kurt Gerstein, dont la famille vit à Tübingen, avec lequel il était allé à l'école à Sarrebruck ; Gerstein déclarera, en 1948, avoir acheté le Matisse à Berlin à un ami d'école. Avril 1948 : pris en charge à Talheim, au nord de Stuttgart, par la gendarmerie chez un ami d'enfance, Helmut Franz, à qui Gerstein l'avait confié avec d'autres objets transférés à la chancellerie du Tribunal Intermédiaire de Reutlingen. Le tableau est envoyé par erreur en France en raison d'un tampon des douanes française apposé au dos.Transféré le 22 novembre 1948 au Collecting Point de Baden-Baden (n° 787) et envoyé en France par le convoi du 28 juillet 1949.

 

Chaumière aux environs de Berneval Auguste RENOIR 

Chaumière aux environs de Berneval Auguste RENOIR

Aujourd'hui à Paris, Musée de Dieppe

Ce tableau fait partie d'un lot d'œuvres confiées par un officier allemand en poste à Paris à un soldat de la Wehrmacht, à la fin de la guerre, avec pour mission de les emporter en Allemagne où l'officier devait les récupérer après la guerre. Celui-ci ne s'étant jamais manifesté, l'ex-soldat décida de les remettre sous le secret de la confession à Mgr Heinrich Solbach, de l'archevêché de Magdebourg ; pour que ces tableaux soient restitués à leurs véritables propriétaires, le prélat les remit au représentant des musées de l'État de Berlin en 1972, restitué par la République Fédérale d'Allemagne en 1994 ; Orsay, 1994 ; déposé à Dieppe en 1996.

 

Nous souhaitions rendre un hommage particulier à Rose Valland et aux Monuments Men sans qui le retour de toutes ces oeuvre d'arts dans nos Musées n'aurait pas été possible.

The Monuments Men

The Monuments Men

MONUMENTS MEN épisode 4 – La récupération

 Les Alliés travaillèrent dès 1942 aux mesures à prendre pour le redressement des économies nationales des pays occupés après la fin du conflit.
Toute la politique de restitution mise en œuvre par les gouvernements alliés du bloc occidental à partir de 1945 s'appuie sur la déclaration interalliée de Londres du 5 janvier 1943 contre les actes d'expropriation commis dans les territoires sous occupation ou contrôle ennemi. 

Les Carnets de Rose VAlland

NOVEMBRE 1944 

La restitution des œuvres d'art était donc considérée par la France dans l'immédiat après-guerre comme un élément du dossier des réparations dues par l'Allemagne, lequel comprenait également les biens de nature économique (outils de production, matériel de transport), l'or monétaire et les valeurs mobilières. L'objectif premier était le redressement du pays et aucune part spécifique ne fut faite aux spoliations liées aux lois antisémites.
 La mise en place de la Commission fut menée rapidement et, dès le 19 septembre, soit moins d'un mois après la Libération de Paris et avant même sa création officielle par l'arrêté du 24 novembre 1944, se tint une première réunion pour présenter les grandes lignes de l'action à mener.
 

L’ANNEE 1945

Dès mai 1945, les armées américaines découvrirent rapidement, notamment grâce aux indications de Rose Valland, les importants dépôts de repli de l'ERR situés en Allemagne (Neuschwanstein, Buxheim) en Autriche (Kogl et Amstetten) et en Tchécoslovaquie (Nikolsburg). Ils saisirent également l'ensemble des collections d'institutions (musée de Linz) et de dignitaires nazis (Goering, Ribbentrop, Hitler, Himmler…), que les objets proviennent de spoliations essentiellement mises en œuvre par l'ambassade d'Allemagne ou par l'ERR, ou aient été acquis auprès de marchands désireux de vendre à de bons acheteurs. Ils furent rassemblés par les Alliés dans des dépôts provisoires, les Collecting Points : Munich et Wiesbaden en zone américaine, Düsseldorf en zone britannique et Baden-Baden en zone française.

 L'ampleur des recherches effectuées dans les Collecting Points est bien connue grâce aux témoignages des contemporains et aux dossiers qu'ils ont constitués. Les archives de ces services, conservées aux National Archives de Washington, comme les dizaines de milliers de fiches de description d'œuvres (property cards), qui s'attachaient à donner tous les éléments de provenance connus alors et qui sont aujourd'hui conservées à Coblence, montrent le soin avec lequel les opérations ont été menées.

Les restitutions aux propriétaires légitimes furent faites après la guerre en application de l'ordonnance du 21 avril 1945 sur la nullité des actes de spoliation, les propriétaires devant acquitter des frais de régie de séquestre.


DE 1947 A 1949

 À partir des dossiers de demande, 85 000 fiches furent dactylographiées puis, afin de permettre les identifications.
 Ces fiches servaient également de base à la préparation de la publication du Répertoire des biens spoliés publié de 1947 à 1949 par le Bureau des restitutions du commandement en chef français en Allemagne dont les dix volumes couvrent aussi bien le matériel industriel, le matériel de transport, les valeurs mobilières, les chevaux que les objets.   Le deuxième tome de ce répertoire est consacré aux tableaux, tapisseries et sculptures, le troisième aux meubles et le quatrième à l'argenterie, à la céramique et aux objets précieux.

La CRA travaille en contact constant avec les Collecting Points alliés en Allemagne à Baden-Baden (zone française), Düsseldorf (zone britannique) et surtout Wiesbaden et Munich (zone américaine), où étaient rassemblées les œuvres d'art retrouvées dans les dépôts de l'ERR, dans les collections des grands dignitaires nazis (Goering, Hitler, Ribbentrop…), ainsi que les achats faits par les musées et les particuliers, qui avaient obligation d'en faire la déclaration.  

 La CRA bénéficie également des résultats des interrogatoires menés par les Américains en Allemagne et en Autriche, des enquêtes réalisées par les services de renseignements français (DGER), de celles conduites par la police dans le cadre des instructions demandées par la Cour de Justice, le comité de confiscation des profits illicites et l'administration des Douanes.

 Si quelques objets furent retrouvés en France dans des immeubles occupés par l'ERR, à l'ambassade d'Allemagne et dans un train affrété par l'ERR et arrêté en banlieue parisienne, à Aulnay, le 27 août 1945, l'essentiel des objets récupérés venait des anciens territoires du Reich. Le nombre des convois est impressionnant : 40 provenant de Munich (du 14 août 1945 à septembre 1945 à décembre 1949) et 6 de Düsseldorf, en zone britannique (du 4 mars 1948 au 15 octobre 1950).

Les opérations de restitution se sont poursuivies après la dissolution de la CRA en 1949. Elles furent naturellement très importantes pour les grands marchands et les grands collectionneurs du fait de la qualité des œuvres qui les rendait plus facilement identifiables et de l'existence de documents qui permettaient d'appuyer les demandes (listes de stock, inventaires, passages en exposition, polices d'assurances, photographies

Après cinq ans de travail, l'activité de la Commission de récupération artistique cessa officiellement le 31 décembre 194935. La question des restitutions demeura sous la responsabilité de l'Office des biens et intérêts privés, qui instruisit les dossiers en collaboration avec le service de protection des œuvres d'art (Direction des musées nationaux), où travaillait Rose Valland qui, jusqu'au début des années 1960, continua à mener des investigations et assura notamment l'échange d'informations avec les services de la République fédérale d'Allemagne. 

Photo du FIlm THE MONUMENTS MEN

Dans l'épisode suivant découvrez quelques unes des oeuvres revenues dans nos Musées.

 

 

la spoliation

MONUMENTS MEN, épisode 3 aux Musées du Louvre et du Jeu de Paume

L'installation de l'ERR au Louvre et au Jeu de Paume

La direction de l'ERR (service allemand chargé de rassembler les oeuvres d'art) fut confiée en 1940 à Kurt von Behr.    Une grande partie de l'activité de l'ERR consistait à faire l'inventaire des objets saisis. Les objets stockés au Louvre étaient apportés au Jeu de paume où ils étaient traités par des historiens de l'art. Chaque œuvre était portée sur des listes de recensement.     Une fois traités, les objets repartaient pour le Louvre afin d'être conditionnés avant expédition. Entre avril 1941 et juillet 1944, l'ERR envoya en Allemagne 138 wagons contenant 4 174 caisses, soit environ 22 000 lots.

 Après enregistrement, les objets saisis étaient envoyés vers l'Allemagne. Le dépôt principal était installé en Bavière, au château de Neuschwanstein, ou avait été installé un atelier de restauration. D'autres dépôts furent organisés au château d'Herrenchiemsee, toujours en Bavière, Kogl, à Buxheim et, plus tard, à Nikolsburg et Seisenegg.

Musée du Louvre

L’ANNEE 1941

L'année 1941 fut marquée par les saisies de caisses qui avaient été confiées par leurs propriétaires à la garde des Musées nationaux puis évacuées avec les collections des musées. Dès le printemps, le 11 avril l'ERR saisit 130 caisses de la collection David-Weill au château de Sourches. Il s'agissait là d'une des plus importantes confiscations réalisées par l'ERR durant l'Occupation, l'inventaire compta près de 2 900 numéros.

L’ANNEE 1942

En mai 1942, le pillage des biens mobiliers par les services allemands prit une tout autre ampleur avec la création, à l'initiative d'Alfred Rosenberg, de la Dienststelle Westen. Ce service avait pour mission de saisir «tous les mobiliers appartenant à des Juifs qui ont fui, ou à ceux qui sont sur le point de fuir, à Paris comme dans tous les territoires occupés de l'Ouest, pour fournir tout le mobilier possible à l'administration de l'Est. L'ampleur des opérations menées est sidérante, puisque plusieurs dizaines de milliers de logements furent ainsi intégralement déménagés entre 1942 et 1944.

L'inventaire des saisies
L’ANNEE 1943

Dans un rapport d'avril 1943 adressé à Hitler, Alfred Rosenberg fait un état du travail accompli : 79 collections saisies, dont celles des Rothschild, 10 convois (92 wagons) acheminés en Allemagne entre le 17 septembre 1940 et le 15 avril 1943. Par ailleurs, 53 œuvres ont été envoyées à Hitler et 594 caisses livrées à Goering. Au 1er avril 1943, l'inventaire compte 9 455 numéros (5 255 tableaux, 297 sculptures, 1 372 meubles, 2 224 objets d'art, 307 textiles). C'est ce rapport, bien plus que les critiques antérieures, qui semble avoir conduit à la réorientation de l'ERR. Les adversaires de Rosenberg s'employèrent à démontrer que l'ERR était en concurrence directe avec le projet du Fürher de créer un grand musée à Linz, en Autriche.
L'ERR est désormais placé sous l'autorité de la mission Linz. 

La préparation du départ

Demain, dans notre dernier article, nous vous raconterons la récupération de toutes ces oeuvres volées et leur retour vers nos musées…

Rose Valland

MONUMENTS MEN « suite », mais il y avait aussi une MONUMENTS WOMAN…

A l’occasion de la sortie de ce film, il faut se rappeler notamment du nom de Rose Valland (1898 – 1980) cette attachée de conservation et capitaine de l'armée française. En effet, Rose Valland, pendant le conflit, a côtoyé les Allemands au Jeu de Paume où, au péril de sa vie, elle a pris de nombreuses notes clandestines sur les œuvres spoliées qui ont permis plus tard la restitution d'un très grand nombre d'œuvres d'art. Après la guerre, elle a participé activement au mouvement des restitutions jusqu'à sa retraite en 1967. Cette femme, qui fut une grande résistante, est un exemple et un honneur pour les professionnels du patrimoine et il est légitime que son action soit saluée et sa mémoire perpétuée.

Dans le film MONUMENTS MEN qui sort aujourd'hui c'est CATE BLANCHETT qui joue le rôle de cette femme remarquable qui a permis, notamment à nos Musées français de retrouver une grande partie de leurs oeuvres d'art.

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The-Monuments-Men-UK

MONUMENTS MEN raconte la plus grande chasse au trésor du XXe siècle

Demain, sortie en salle du film MONUMENTS MEN qui raconte  la plus grande chasse au trésor du XXe siècle et est inspiré de ce qui s’est réellement passé.

Nous allons vous parler du film, mais aussi dans de prochains articles de l'histoire de ces chasseurs de trésors et notamment celle de Rose VALLAND et sa contribution au retour de nombreuses oeuvres d'arts dans nos musées.

En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats mais des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

Demain, nous vous raconterons la suite de l'histoire… Suite –>

Pope Joan

Pope Joan ou la Papesse Jeanne

Quelques photos du tournage de cette grande production qui n'est jamais sortie en France.


Le roman de Donna Cross se base sur la légende de la papesse Jeanne, fille de moine, qui aurait usurpé la papauté catholique en cachant sa véritable identité sexuelle. En effet, après avoir étudié et voyagé de part le monde, elle se rend à Rome où elle obtiendra une chaire d'enseignement. Dissimulant toujours son identité, elle fut accueillie dans les milieux ecclésiastiques. En raison de sa réputation d'érudition, elle rencontre le pape Léon IV et deviendra rapidement son secrétaire aux affaires internationales. Succédant à celui-ci, elle se fit élire pape sous le nom de Jean VIII.